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Il a avalé quelque chose : que faire maintenant
Appelez d'abord, cherchez ensuite
Si l'ingestion vient d'avoir lieu, le téléphone passe avant toute recherche sur Internet. Les deux centres antipoison vétérinaires français répondent 365 jours par an, et un appel pour rien ne coûte rien.
- CNITV — VetAgro Sup, Marcy-l'Étoile (Lyon) : 04 78 87 10 40 (7j/7, de 8 h 30 à minuit)
- CAPAE-Ouest — Oniris, Nantes : 02 40 68 77 40 (7j/7, de 8 h 30 à minuit)
- En dehors de ces horaires : votre vétérinaire traitant, dont le répondeur indique généralement le service de garde, ou le vétérinaire de garde de votre département.
L'appel au CAPAE-Ouest est gratuit. Ces centres sont tenus par des vétérinaires toxicologues : ils évaluent la gravité en quelques minutes et vous disent s'il faut consulter, surveiller, ou ne rien faire.
Les six gestes de la première demi-heure
L'ordre compte : ce qui suit est classé par utilité réelle, pas par ordre d'apparition dans la panique.
- Éloignez l'animal de ce qu'il mange, et récupérez ce qui reste. Ne le poursuivez pas dans la maison : un chien qui pense qu'on va lui reprendre son butin l'avale plus vite et plus gros.
- Estimez la quantité manquante. C'est l'information qui décidera de tout. Pesez ou reconstituez : « une tablette de 200 g entamée, il en reste un tiers » vaut infiniment mieux que « il a mangé du chocolat ».
- Gardez l'emballage. Le pourcentage de cacao, la présence de xylitol dans la liste d'ingrédients, la composition d'un plat cuisiné : ces détails changent la conduite à tenir, et vous ne les retrouverez pas après avoir vidé la poubelle.
- Notez l'heure. Pas « il y a un moment » : l'heure exacte, ou la fourchette la plus étroite possible. Le délai écoulé détermine si une décontamination est encore envisageable.
- Pesez votre animal, ou donnez son poids le plus récent. Tous les seuils toxicologiques s'expriment par kilo : sans le poids, aucun calcul n'est possible.
- Appelez, avec ces cinq informations en main : espèce, poids, ce qui a été avalé, quelle quantité, à quelle heure.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
- Faire vomir de votre propre initiative. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus lourde de conséquences. Selon le produit avalé, le vomissement provoqué aggrave les lésions : un éclat d'os ou un produit corrosif qui remonte lacère l'œsophage, et un animal somnolent risque d'inhaler ce qu'il régurgite. Le vomissement, quand il est indiqué, se pratique en clinique avec un médicament adapté.
- Donner du lait, de l'eau salée, de l'huile ou du charbon « pour absorber ». Aucun de ces remèdes de forum n'a d'efficacité démontrée ; certains aggravent la situation, tous font perdre du temps. Le charbon activé a une vraie indication vétérinaire, mais elle se décide au cas par cas — il est inefficace, voire contre-indiqué, sur plusieurs toxiques.
- Attendre l'apparition des symptômes. C'est la logique inverse de la toxicologie. Pour presque tout ce que couvre ce site, le moment où les signes apparaissent est celui où la substance est déjà passée dans le sang. L'anémie liée à l'oignon met plusieurs jours à devenir visible ; l'atteinte du foie par le xylitol se révèle après 24 à 48 heures.
- Donner un médicament humain. Jamais, et particulièrement chez le chat : le paracétamol lui est mortel à des doses très faibles, et l'ibuprofène est toxique pour le chien comme pour le chat.
Ce qu'on va vous demander au téléphone
Les centres antipoison travaillent vite parce qu'ils posent toujours les mêmes questions. Les avoir anticipées fait gagner de précieuses minutes : l'espèce et la race, le poids, l'âge, les éventuelles maladies connues et traitements en cours, la nature exacte du produit avalé, la quantité estimée, l'heure de l'ingestion, et l'état actuel de l'animal — vigilant ou abattu, muqueuses roses ou pâles, vomissements ou non.
À l'issue de l'appel, on vous dira l'une de ces trois choses : que la dose ne justifie pas d'intervention et que vous pouvez surveiller à domicile, en vous indiquant précisément quoi surveiller et pendant combien de temps ; qu'il faut consulter sans urgence dans la journée ; ou qu'il faut partir immédiatement en clinique. Dans ce dernier cas, prévenez la clinique de votre arrivée : elle prépare le matériel pendant votre trajet.
Un cas particulier : le lapin et les rongeurs
Tout ce qui précède vaut pour les trois espèces couvertes par ce site, à une différence près, qui est de taille : le lapin ne peut pas vomir. Il n'existe donc aucune décontamination par voie haute, même en clinique, et la marge de manœuvre est plus étroite que chez le chien ou le chat. S'ajoute un second point de vigilance propre à l'espèce : chez le lapin, l'arrêt du transit est une urgence en soi. Un lapin qui cesse de s'alimenter ou de produire des crottes doit être vu rapidement, indépendamment de ce qu'il a pu avaler.
Dernier conseil, à anticiper avant d'en avoir besoin : tous les vétérinaires ne reçoivent pas les nouveaux animaux de compagnie. Identifiez dès aujourd'hui, dans votre secteur, un praticien qui prend les lapins en urgence, et notez son numéro. Le jour où la question se posera, vous n'aurez pas le temps de chercher.
Prévenir : par où commencer
La quasi-totalité des intoxications alimentaires domestiques relève de trois causes matérielles : une poubelle sans couvercle verrouillable, des courses laissées au sol, et des aliments stockés à hauteur d'animal. Trois corrections suffisent donc à faire tomber l'essentiel du risque, et elles ne demandent aucune surveillance quotidienne.
Le reste est affaire de calendrier. Les intoxications suivent nos fêtes : le chocolat à Pâques et à Noël, le raisin aux vendanges, les os cuits au lendemain des réveillons, l'alcool lors des soirées d'été. Notre calendrier des intoxications détaille ces pics et ce qu'il faut ranger avant chacun.
Un rappel utile. Les informations de cette page sont documentaires et générales. La sensibilité individuelle, l'âge et l'état de santé déplacent toutes les lignes : seul un praticien qui examine l'animal peut trancher un cas particulier.
Vérifié le 9 août 2026. Les seuils cités sont ceux de la littérature vétérinaire de référence, rapportés au poids de l'animal. Ce sont des ordres de grandeur cliniques, pas des garanties : la sensibilité individuelle, l'âge et l'état de santé déplacent la ligne. Références : Merck Veterinary Manual — Food Hazards (toxicologie vétérinaire) · Ordre national des vétérinaires — centres anti-poison.